EXPOSITION


«À MARAT, LA RÉVOLUTION FRANÇAISE»


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PRESSE
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PÔLE NORD et la Révolution: «À Marat», exposition didactique
Le Soir – Belgique 

L’asbl PÔLE NORD présente jusqu’au 16 novembre une exposition consacrée à la Révolution française. Outre sa présentation originale faisant largement appel aux techniques de l’audiovisuel, cette exposition se signale par la voie d’accès, - «le pôle d’entrée» -  choisie pour pénétrer au cœur de cette période de l’histoire, berceau de toutes les idéologies modernes. 

La personnalité de Jean-Paul Marat intervient comme décrypteur, une clé de lecture indispensable pour rendre à ces années troubles le poids décisif de ses origines : le mouvement insurrectionnel populaire. 
«À Marat, la Révolution française» est plus que l’exposition en de nombreux tableaux, documents et objets de ces journées qui transformèrent le monde : c’est aussi un outil de réflexion sur la «responsabilité historique» qu’exerce chaque individu impliqué – aussi modeste soit-il – dans les événements de son temps.  

«Il y  a deux manières de lire l’histoire, nous dit Charlotte Goëtz-Nothomb, animatrice à l’asbl PÔLE NORD, les livres scolaires et les ouvrages de vulgarisation accordent à la force occulte des institutions, à la fatalité et au caractère obligatoirement cyclique de l’histoire, le rôle moteur. L’individu se trouve réduit à un rôle d’esclave mobile.» 
«Dans son approche historique, thème essentiel de son activité, ajoute-t-elle, c’est à l’homme et à son action que l’asbl PÔLE NORD tente de redonner sa juste place. Authentique acteur de l’histoire, il détermine le cours des événements et lui apporte des développements nouveaux». 

C’est dans cette optique qu’est réalisée l’exposition «À Marat, la Révolution française». 
Jean-Paul Marat y intervient comme la conscience du peuple en ébullition, son garde-fou, 
son porte-parole.

L’Ami du peuple
Dans sa célèbre feuille L’Ami du peuple, Marat pose en principe pur et dur la surveillance des mandataires publics et des fonctionnaires par le peuple dont ils émanent. Ce qui ne l’empêche pas de s’adresser en termes durs à ce peuple dont il s’est fait l’ardent défenseur : «Peuple vain et frivole, hardi et naïf, quand t’éveilleras-tu ?» 

C’est sous les coups d’une partisane des Girondins, Charlotte Corday que Marat tombe le 13 juillet 1793. Cette femme partageait avec lui la conviction qu’une intervention précise et décidée à un moment donné peut radicalement modifier le sens des événements. 
Le 9 thermidor (27 juillet 1794) est proche : la guillotine tranche le cou aux derniers chefs charismatiques de la Révolution, qui s’éteint, exsangue, en même temps qu’eux. 

Marc Metdepenningen

Au PÔLE NORD: Marat, tout en mouvement…
La Cité – Belgique  (extrait)

L’asbl PÔLE NORD a décidé de relever le défi d’aborder cette période qui bouleversa le monde et les idées. Le titre de son exposition  - «À Marat» - éclate comme une dédicace bien célèbre.
C’est vrai que le point de départ de cette démarche, c’est le tableau de David représentant 
Marat assassiné dans son bain par la citoyenne Corday. Un comble pour un homme admiré des femmes… Et c’est la révolution au travers de la personnalité de Marat que l’on découvrira rue du Nord, à deux pas de la place des Barricades, un lieu prédestiné pour une pareille exposition.

Les organisateurs ont réuni bon nombre de documents qui retracent cette révolution. L’ombre de Marat y plâne car si l’exposition n’est pas une biographie de ce visionnaire célèbre parce qu’assassiné, son esprit suivra le visiteur pas à pas comme un fil conducteur. Les objets, documents d’archives, gravures et photos évoquent les grands thèmes de cette période – on y trouvera même une guillotine grandeur nature – tandis que Marat les analyse, les apprécie.
Il est attachant, ce Jean-Paul Marat, journaliste, chroniqueur de la révolution, qui, durant quatre ans, jour après jour, suivra dans son journal L’Ami du peuple, tous les événements en les disséquant avec parfois un pouvoir divinatoire surprenant, comme s’il s’identifiait à la Révolution, à son mouvement, au peuple parisien. Il est attachant, et on le découvrira autrement que par les positions extrêmes qu’il soutenait.
Quand tout s’anime
Evénement plus qu’insolite ! L’exposition se met soudain en mouvement. 
Pendant une demi-heure, le spectateur est invité à s’asseoir dans l’ombre, sur des gradins. 
Il se retrouve alors plongé dans une séance du Club des Cordeliers et, autour de lui, tout l’espace se met à s’animer. Diapositives, vidéos, jeux de lumière sur les documents qui tapissent les murs de la salle, tout se met en mouvement jusqu’au mannequin d’un aristocrate qu’on hisse à la lanterne.
Toute la Révolution défile devant ses yeux sous le regard de Marat, ironique et désabusé, qui doit être le premier à se dire que la Révolution est loin… d’être terminée.
J.M.B. 

«À Marat, la Révolution française»
La Lanterne  – Belgique  (extraits)

«Pôle Nord» est une association récente qui s’est créée sur la nécessité de reconstruire les éléments théoriques et actifs d’une responsabilité historique, d’élaborer un nouveau courant.
Outre l’édition d’une revue trimestrielle, «Pôle Nord» a, depuis 1983, organisé trois expositions consacrées à Faust, George Orwell et J.-S. Bach. 
Voici que l’association propose une nouvelle exposition intitulée «À Marat, la Révolution française».
Cette manifestation se propose de restituer, bientôt 200 ans après, l’histoire de la Révolution française en voyageant côte à côte avec un de ses protagonistes souvent mal connu: Jean-Paul Marat. Elle suit le cours des événements, de la réunion des États Généraux jusqu’au jour de la mort de Marat (le 13 juillet 1793) et, plus loin encore, jusqu’à Thermidor et Prairial, en s’appuyant sur le culte véritable dont il fut l’objet.

L’exposition montrera aussi qui fut Marat avant la révolution : un médecin et savant réputé qui publia de nombreux ouvrages philosophiques, politiques et scientifiques avant de se lancer dans le journalisme par le biais de sa feuille L’Ami du Peuple.

Evénement insolite: toutes les heures, l’exposition se mettra en mouvement pendant trente minutes. Grâce à des mannequins, des diapositives, des vidéos, des jeux de lumière, vous deviendrez spectateurs mais aussi acteurs de la Révolution française.
 

«À Marat, la Révolution française»: Une exposition pas comme les autres
La Wallonie – Belgique (extraits)

Pauvre Marat ! Jamais une baignoire ne dut tant à un homme ; c’est à croire que ce personnage domina la scène de la Révolution française pendant des années, uniquement pour servir de gloire à une bassine et aux beaux yeux (cruels) d’une jeune illuminée. Non, la mort originale de Marat ne présente un intérêt que dans la mesure où elle inspira au peintre David un authentique chef-d’œuvre. 

Sa vie, par contre, est d’une extraordinaire diversité. Il ne fut pas que représentant du peuple à la Convention ; il se distingua comme l’un des journalistes les plus doués de son temps. Avant 1789, Marat avait acquis une certaine célébrité avec la publication d’essais philosophiques et d’ouvrages scientifiques sur la lumière ou l’électricité, qui lui permirent de se mettre en rapport avec un certain Benjamin Franklin.

C’est sur cet étonnant individu que s’est polarisée l’attention des organisateurs de l’asbl PÔLE NORD. Ils ont mis sur pied une exposition qui s’est tenue rue du Nord, à Bruxelles, du 10 octobre au 16 novembre. Elle présentait au public des affiches, des journaux révolutionnaires, des estampes et des gravures prêtées par la Bibliothèque Royale, le Musée Lambinet de Versailles et par des collectionneurs privés. En outre, des objets émouvants, comme cette guillotine grandeur nature, venaient s’ajouter aux images et aux textes. 
Dans une des salles, on pouvait assister à une projection de diapositives et de films au milieu de mannequins qui s’animaient, le tout soutenu par un clair et pédagogique commentaire. 
Musique classique et chants révolutionnaires, de Mozart au «Ca ira» achevaient de créer une ambiance «révolutionnaire».

PÔLE NORD n’en est pas à sa première expérience, elle a organisé de 1983 à 1985 les expositions suivantes : «Cinq cents ans de Faust», «1984. Actualité de George Orwell» et «Jean-Sébastien Bach, aux origines de l’art moderne». Elle compte préparer une exposition sur le mythe du héros moderne. Elle est prête à accueillir les amoureux de l’histoire qui acceptent de sacrifier un peu de leur temps présent pour découvrir le temps passé, ce qui est une manière d’aborder le futur, dont nous serons tous les inévitables acteurs.

PÔLE NORD est constituée par des gens curieux : curiosité pour l’histoire, curiosité vivante, or, ce qui vit est de plus en plus rare, enfin de plus en plus négligé, et même évité. 
On ne peut donc qu’apprécier ce genre d’initiative.
Toutefois, derrière Marat, thème de cette exposition, un autre phénomène se dessine : 
«Ce parcours dans la Révolution n’est pas pour nous l’occasion de présenter la destinée d’un individu. Mais la question est bien plutôt au départ de trouver une voie d’entrée dans cette période, voie qui nous est fournie par Jean-Paul Marat», affirment les organisateurs. 
Heureuse remarque ! Non seulement la personnalité d’un homme, célèbre ou non, est trop fluide, trop multiforme pour être saisie correctement, mais en outre, évoquée, elle devient vite un récipient idéologique et sentimental, où s’en vont allègrement bouillonner les options partisanes et les états d’âme du biographe. L’évocation d’un personnage historique n’est convenable que dans la mesure où on avoue d’abord l’existence des liens tissés entre lui et la masse ; liens qui sont la source d’un souffle, d’une énergie influençant mutuellement et réciproquement le héros et la multitude des protagonistes. Tous les hommes sont égaux, les uns n’existant et n’agissant pas sans les autres. Le marbre des majestueuses statues ayant trop tendance à glacer la chair des simples vivants, c’est somme toute réconfortant de penser qu’aucune personnalité ne mérite un culte ; un regard peut-être, jamais un aveuglement. 

Poser un regard, c’est ce qu’ont voulu faire ces quelques passionnés, en offrant au public une exposition qui est tout un univers.
À propos, vous saviez sans doute que la jeune illuminée aux beaux yeux (cruels) qui poignarda Marat s’appelait Charlotte Corday. Or, ce doux prénom fut aussi celui d’une héroïne d’un roman de jeunesse écrit par ce même Marat. Et Charlotte est également le prénom d’une des chevilles ouvrières de PÔLE NORD, Charlotte Goëtz-Nothomb ! Voilà pour la petite histoire et le clin d’œil du hasard. 

Philippe Raxhon

Citoyens, citoyennes, vous êtes invités au Club des Cordeliers, 
Les journées d’octobre 1789, Varennes, le 10 août 1792…
guerres et trahisons seront largement illustrées.
Prestige – Belgique (extraits)

Pendant la Révolution française, c’est le peuple qui fait l’histoire. Il est descendu dans la rue, ce sont les femmes qui, au cours des journées d’octobre 1789, partent à Versailles chercher le roi pour l’arracher à la mauvaise influence de ses ministres et des courtisans. Elles ramenèrent à Paris «le boulanger, la boulangère et le petit mitron» afin de les remettre au milieu de leur peuple.  […]

«À Marat, la Révolution française»
Le titre donné à la nouvelle exposition organisée par «Pôle Nord» claque comme un étendard au vent.
Une redécouverte animée de cette époque, capitale pour notre histoire et pas si loin de nous, malgré ses 200 ans bien proches.

Des heures de recherche, des montagnes de documents, une exemplaire persévérance sont les ingrédients qui ont permis d’assurer cette RESPONSABILITÉ HISTORIQUE.

Reconstitution du club des Cordeliers
Du gradin qui vous accueille, vous voyez s’animer tout un monde, toute une époque. Le journal des événements se déroule devant vos yeux.
Et sur trois étages sont rassemblés figurines, estampes, documents, journaux d’époque, guillotine grandeur nature et autres témoins de ce qui est encore NOTRE HISTOIRE.









L’Ami du Peuple ou Marat, tel qu’en lui-même
Le Soir – Belgique (extraits)

Marat, tel qu’en lui-même… Il était temps. Temps de soustraire une figure-clé de la Révolution à l’ombre que lui fait depuis deux siècles celle qui mit fin à sa carrière, cette Charlotte Corday, l’archange aux ciseaux dont le «centrisme» a, de 1793 à nos jours, fait sa Jeanne d’Arc. 
Jean-Paul Marat nous a été restitué, à travers ses propres textes, ceux de son journal L’Ami du peuple.

Pas tous ses textes, bien sûr, mais rien que ses textes, et c’est tout l’intérêt du spectacle de nous les fournir avec en arrière-plan permanent – et combien attachant – quelques-unes des six mille chansons (recensées!) qui narrent la saga de la Révolution saisie dans le «vécu» de ses millions d’acteurs anonymes. Ces textes, mis bout à bout, ont le mérite, délibéré, on peut le penser, de constituer une médiation, parfois poignante, sur le sens de toute révolution, c’est-à-dire sur une démarche qui ambitionne de changer la vie par-delà l’ordre politique et social.

Changer la vie, ce mot d’ordre que reprendront les «soixante-huitards», voilà qui ôte toute ride à la démarche de celui qui tenta certes de théoriser la Révolution sans cependant la figer dans une idéologie et en se voulant sans cesse le plus proche possible, l’ami le plus fidèle de ce peuple à qui il reprochera dans des textes émouvants de ne pas être assez l’acteur de son propre destin.
S’agit-il, comme on le lui reprochera ainsi qu’aux autres Montagnards, d’un peuple mythique, réduit à quelques dizaines de milliers de «sectionnaires» forgeant, d’émeutes en émeutes, une Histoire que subit le reste des vingt-six millions de Français ? Le débat là-dessus n’est pas clos. La pièce doit être vue comme une pièce importante versée à un dossier toujours ouvert.

Tel quel, nourrissant cette ambition légitime, le spectacle réussit la gageure de fournir une vision aussi attrayante que rigoureuse. Claude Flagel, dont on connaît l’attachant mélange de talent et d’érudition dans le domaine de la chanson ancienne, y est bien sûr pour beaucoup. Il est, en permanence cette vox populi tout à tour gouailleuse et coléreuse, tendre ou grave qui est à l’événement révolutionnaire ce contrepoint que le chœur était à la tragédie antique. 

Marc De Roy campe un Marat avec chaleur et conviction, même si, par moment, il ne semble pas encore avoir tout à fait maîtrisé la prosodie d’une langue incantatoire certes, mais coulée dans le moule rigoureux qui faisait du français du XVIIIe siècle le véhicule privilégié de la pensée politique et scientifique. 
Il serait injuste d’oublier Isabelle Kerkhove qui, outre son talent de harpiste, nous offre, à travers son sourire, l’évocation de ce que furent les femmes de ce temps, actrices trop souvent oubliées de ces moments glorieux et terribles. 
La mise en scène due à Michel Guillou, très économe d’effets et de moyens, sobre mais efficace, s’est voulue «mobile» au maximum afin de faire tourner le spectacle dans le plus grand nombre possible d’espaces scéniques. 
Claude de Groulart

A écouter, à regarder
L’Ami du peuple ou Jean-Paul Marat dans un spectacle clef sur porte
Le Soir – Belgique (extraits)

Le bicentenaire de la Révolution, on le sait, sera l’une des grandes affaires de ce 1989 qui commence à peine. Mais à côté des manifestations officielles ou des colloques universitaires, il y a les initiatives privées qui gravitent autour de la Révolution et qui risquent fort d’être l’un des moteurs majeurs de l’animation culturelle de l’année.

Ainsi L’Ami du peuple, un spectacle sur Jean-Paul Marat: un spectacle que vous pourriez inviter chez vous.

Marat est l’une des figures majeures de la Révolution, mais son image n’est pas très positive et se limite le plus souvent à sa mort tragique: les coups de couteau de Charlotte Corday alors qu’il était dans la baignoire où la maladie qui le rongeait le forçait à travailler.

Écrivain, médecin, député, mais surtout journaliste (son journal s’appelait «L’Ami du peuple», précisément), Marat a laissé énormément d’écrits. Excellente idée d’en rassembler quelques-uns, révélateurs des divers aspects d’une personnalité probablement cyclothymique, mais penseur somme toute plutôt cohérent, ayant au reste déjà beaucoup réfléchi avant la Révolution.

«S’il avait été donné à la sagesse de prévoir dès l’instant de la convocation des États généraux le point où nous en sommes arrivés et par quelle suite d’événements nous devions y parvenir, à coup sûr le sage qui nous aurait dévoilé l’avenir eût été traité de visionnaire ou d’imbécile. La Bastille rasée, le despotisme abattu, la constitution renversée à sa naissance, deux Assemblées nationales succombant sous le poids de l’indignation publique, des massacres concertés pour écraser la liberté ne servant qu’à l’établir, le monarque adoré pendant quinze années supplicié par la main des bourreaux comme un tyran, la république établie par acclamations, voilà de ces événements dont le présage d’emblée était au-dessus des forces de l’esprit humain», écrivit Marat en 1793, peu de temps avant d’être assassiné.

Chansons
Ce vertige, on le ressent peu à peu à travers le spectacle, et c’est peut-être le reproche le plus important qu’on puisse lui faire au niveau du fond. Entrecoupé de chansons inconnues superbement interprétées par Claude Flagel, sa vielle et une harpiste, Isabelle Kerckhove, il s’illustre et se répond de manière divertissante. En Marat, Marc De Roy (un nom peut-être prédestiné pour jouer le rôle d’un régicide!), s’il met beaucoup de fougue à déclamer des textes qui, répétons-le, sont autant intimes que politiques, manque encore un peu de rodage.
Mais ce sont des reproches mineurs face à un spectacle qui n’est ni une pièce de théâtre, ni un récital,  ni une lecture, mais un peu des trois, et qui mérite certainement d’être vu, serait-ce comme illustration d’un personnage fondamental de l’événement qui a créé notre modernité.
Et justement: ce spectacle, clef sur porte, qui semble créé pour des tournées, a, en 1989, un calendrier encore suffisamment disponible pour y caser des représentations autres que celles déjà prévues.

Le spectacle sera créé à Paris puis il tournera en France, à Cluny, à Saint-Dizier, à Marly et dans d’autres festivals estivaux. Il est programmé en novembre, au Centre culturel Jacques Brel, dans le cadre de l’exposition «On a détruit la Bastille». Mais son budget étant accessible aux maisons de la culture les plus désargentées, voulez-vous parier qu’on le jouera avant, ici ou là?
Si la Révolution suscite autant d’excellentes initiatives, comme de proposer un spectacle «clef sur porte», c’est cela qui sera révolutionnaire!

Jean Rebuffat

Marat op het toneel : L’Ami du Peuple
Kunst & cultuur – Maart 1989 - België (uitreksels) - Ludo Dossogne

[…] De theaterpersonages maken in ieder geval een lieftallige indruk. Marat (Marc de Roy) verzamelt zijn documenten in een reusachtige houten koffer met nauwelijks efficiënte ijzeren sloten. Officiële verklaringen worden zelfbewust, met één been steunend op dit koffer, theatraal voorgedragen. Een volkszanger (Claude Flagel) onderbreekt voortdurend de citaten uit het clandestiene revolutieblad. Begeleid door een glimlachende harpiste worden wasvrouwen, kleermakers en kappers al zingend opgeroepen zich bij de sans culotten te voegen. De nogal frivole chansons, geput uit het in de tijd voortdurend groeiende repertorium, domineren door hun aanstekelijke melodie de tussenkomsten van Marat. […] A capella worden zelfs «les Flamands» en «les Wallons» in de revolutie betrokken. Het internationale karakter van de niet te sluiten beweging vindt zijn weerklank in de conventionele revolutionaire kledij. «Laten wij de provincie verdedigen en Paijs behouden !» waarschuwt Marat, terwijl hij met een ganzeveer een van zijn provocerende teksten ondertekent.

Meestal praat hij in zichzelf – een chronologie is hem vreemd. Tussen 1789 en 1989 merkt hij weinig verschil. Lijken ook de chansons die hij besluitert niet op Brel en Brassens ? De geschiedenis analyseren blijkt een vermoeiende bezigheid. Daden primeren bij hem immers op beschouwingen. […] De Marat dit ten tonele wordt gevoerd verschilt grondig van het personage dat de geschiedenisboeken rood kleurt. Als journalist lijkt hij in de eerste plaats een onvolprezen idealist, die de individuele vrijheid en rechtvaardigheid als de voornaamste doelstellingen van de nog onvoltooide revolutie onde ralle lagen van de bevolking wilde vestigen. L’Ami du Peuple volgt de hartslag van deze onwenteling door ze te beschrijven, te bekritiseren en ze in een bepaalde richting te stuwen.










Bruxelles aussi étudie la Révolution française
Le Soir – Belgique (extraits)

Le succès de foule remporté par l’exposition «À Marat, la Révolution française» a poussé l’association PÔLE NORD, organisatrice de cette manifestation, à promouvoir la création d’un «Club d’Études sur la Révolution française», dont la réunion constitutive aura lieu ce vendredi 14 mars. 
Cette initiative s’inscrit dans la foulée des nombreuses manifestations appelées à commémorer d’ici trois ans le bicentenaire, cette page d’histoire capitale pour nos démocraties occidentales.

C’est depuis le 22 septembre 1983 que le CNRS (Centre national de la recherche scientifique) a mis sur pied, à Paris, une commission de recherche historique pour la célébration du bicentenaire de la Révolution française. Au sein de cette commission se retrouvent de nombreux historiens, chercheurs, scientifiques et personnalités diverses appelées à coordonner, en France, et dans le monde, l’ensemble des manifestations marquant le bicentenaire de la Révolution.
Un comité d’organisation du bicentenaire a été mis sur pied en Belgique sous le parrainage de l’ULB. De nombreux projets ont d’ores et déjà été adoptés : un colloque prenant en considération l’ensemble de la période 1789-1815, la publication d’un «guide culturel» où chacune des neuf provinces retracera l’héritage culturel qu’elle doit à la Révolution française, la réalisation d’un ouvrage de synthèse, 
La Belgique française, dont la publication sera assurée par le Crédit communal. 
Diverses expositions, animations et émissions télévisées sont enfin prévues.

Un Club pour tous
«Le Club d’Études sur la Révolution française s’inscrit, selon le vœu de ses promoteurs, dans la perspective de trouver une commune mesure et surtout une dynamique entre la recherche et l’activité publique. Il s’agit, expliquent les animateurs de PÔLE NORD, de dépasser les limites des colloques réservés aux spécialistes et d’aller plus loin que les manifestations offertes au public.» 
En conséquence, le Club entend dépasser la période stricte de la Révolution française et s’interroger sur l’actualité : «Il ne s’agit pas de se pencher seulement en curieux sur notre passé, dit-on à PÔLE NORD, mais aussi de découvrir une période dont l’actualité est toujours prégnante.»

Le Club entend accueillir toute personne s’intéressant à cet épisode décisif de notre passé et projette de s’ouvrir à tous les aspects de la Révolution : politique, philosophique, religieux, social, culturel.


Club d’Études sur la Révolution française
Brussels Magazine (extraits)

Tous ceux qui sont intéressés par la période de la Révolution française et de son actualité seront sûrement ravis d’apprendre la constitution d’un «Club d’Études sur la Révolution française».

Le but est, d’abord, de combler le vide de plus en plus grand entre les historiens, les spécialistes et le grand public. Cette sensibilisation du public se situe, ensuite, dans l’optique du prochain bicentenaire de la Révolution française.

Le mode de fonctionnement du Club sera centré sur l’objet, le contact avec une période historique à travers toute une série d’événements aussi divers que l’aspect politique, social, militaire, populaire, philosophique, religieux… ainsi que leurs répercussions sur les secteurs culturels tels que le cinéma, la chanson, le roman…

Enfin, le Club privilégiera la participation, le travail collectif.
À vous de proposer des thèmes de réflexion, d’exposer et communiquer tout ce qui se passe, se dit, s’écrit sur le sujet.
À vous d’émettre des idées quant à la manière de réaliser et de diffuser toutes les informations recueillies.


Le Club d’Études sur la Révolution ou un autre regard jeté sur 1789
Le Soir – Bruxelles

La grandeur du fait politique et moral de la Révolution, son éternelle actualité, sont loin de se mesurer à la seule aune des discours et des célébrations académiques auxquels donne lieu cette année anniversaire ; bien plus impressionnante - et révélatrice – est la fièvre studieuse que 1789 continue d’engendrer. Mais ici encore, quelques grands arbres ne doivent pas cacher la forêt. Ainsi derrière le prestigieux colloque sur «L’image de la Révolution», inauguré le 6 juillet par François Mitterrand, se dissimulent d’innombrables groupes et associations de divers types, de celles qu’en 1789 on eût appelé des Sociétés savantes, toutes vouées à l’étude patiente et souvent (trop) discrète de cette colossale et multiforme péripétie.

L’une d’elles, chez nous, se détache irrésistiblement du lot : c’est le Club d’Études sur la Révolution française*

Fondé en 1986 et comptant à ce jour pas moins d’une cinquantaine de membres actifs tant en Belgique qu’à l’étranger, le Club qui se présente comme une association de fait est avant tout un groupe de travail ; il inclut toutefois dans ses objectifs la diffusion de ses travaux vers un public intéressé ou même tout bonnement le grand public, comme le prouve, entre autres, son inestimable collaboration aux pages spéciales consacrées tout au long de cette année par notre journal à la «recréation» journalistique de la Révolution.

Né au moment où se profilaient déjà les commémorations du bicentenaire, le Club s’est voulu l’aiguillon des organismes culturels et autres institutions concernées ainsi que l’agent coordinateur des activités qu’ils entendaient mettre sur pied à l’occasion de la commémoration ; il a fourni un soutien logistique à des municipalités entreprenantes telles Fleurus, Mariembourg, Mons, Rocroi et Roubaix ; enfin il a mis en place un service d’information sur l’ensemble des manifestations prévues en Belgique.

Mais le Club se devait d’y aller d’activités de son cru. Elles sont si nombreuses qu’on ne peut ici que les énumérer : une exposition itinérante intitulée Le mouvement révolutionnaire, retraçant la Révolution à l’aide de 50 panneaux et qui vise plus particulièrement le monde de l’enseignement ; trois conférences, itinérantes elles aussi, portant sur la presse au temps de la Révolution, la Révolution et l’Europe et David. À quoi s’ajoutent quatre montages audio-visuels : «La prise de la Bastille», «La bataille de Jemappes», une méditation sur les célébrissimes tableaux de Jacques-Louis David Le Serment du Jeu de paume, Marat assassiné et la Mort du jeune Bara, intitulée «Le Serment et la Mort» et enfin «La Révolution est terminée» qui se veut un essai polémique à partir d’extraits du journal de Marat, L’Ami du peuple. On ne saurait oublier l’intéressante expérience théâtrale mise en scène par Michel Guillou et intitulée L’Ami du peuple, une «dramatisation» réussie d’un certain nombre de textes-clés de Marat, permettant d’évoquer la trajectoire politique et l’apport conceptuel de ce dernier.

Cette impressionnante série de manifestations tournée vers le public ne saurait faire oublier la raison d’être essentielle du Club qui est son travail d’approfondissement du fait révolutionnaire sous ses différentes facettes. Pour l’essentiel, ce travail est contenu dans les livraisons trimestrielles de la revue Floréal, même si un tiré à part est d’ores et déjà prévu pour la recherche menée sur le thème des historiens face à la Révolution et si, eu égard à l’ampleur de la matière, l’intégralité des écrits politiques de Marat sera éditée sous forme d’un volumineux ouvrage en plusieurs tomes.

À feuilleter même rapidement les livraisons successives de Floréal, on discerne vite une démarche caractéristique, celle qui, sans ignorer ni dénigrer systématiquement l’historiographie passée ou présente, délaisse les dogmes et les idées reçues au profit d’un retour aux sources et aux textes qui, soumis à une lecture croisée permettent tantôt de dégager des enseignements nouveaux, tantôt de mieux mettre en lumière des données quelquefois sous-estimées ou occultées, comme par exemple l’étonnante maturité politique de la population parisienne lors de la prise de la Bastille, le substrat de la hantise du complot qui parcourra tout le cours de la Révolution.

Ici encore on ne peut épingler que quelques thèmes et pistes de recherches au risque d’en omettre d’autres aussi valables et attachantes. Nous retiendrons à titre d’exemple l’approche multi-facettes des rapports entre la guerre et la Révolution. 
L’historiographie, moderne ou ancienne, si elle n’est jamais article d’évangile pour le Club, n’est nullement ignorée. Un «coin des livres» bien rempli rend compte des parutions récentes cependant que des articles fouillés questionnent l’historiographie ancienne (Michelet et le concept de peuple ; Jaurès, le socialisme et la Révolution…) ; les principales parutions contemporaines donnent lieu à plus qu’une recension. François Furet par exemple sert de point de départ à une réflexion féconde sur l’historien et la notion d’objectivité. Parfois le champ du questionnement s’élargit encore et touche au nœud des plus brûlantes controverses : que commémorons-nous en définitive en cette année du bicentenaire ? La réponse consiste en un inventaire de tous les «possibles» entrevus par la Révolution. Eloigné de toute idolâtrie, le Club ne néglige pas les penseurs contre-révolutionnaires, tels Rivarol ou Joseph de Maistre.

Le Club, qui se veut plural et pluriel dans ses thèmes de recherches, se veut tout autant pluraliste dans sa composition et, du même coup, dans les angles d’approche de ses objets d’étude. Ce choix de base donne lieu de-ci de-là à des débats internes, amicaux mais vifs, répercutés dans Floréal, tel celui auquel donne lieu la contribution d’Antoine Blavier sur la Révolution brabançonne que l’auteur voit comme une contre-révolution, sinon une «révolution de curés», analyse réfutée par Jacques De Cock.
On le voit, l’activité multiforme du Club, le champ de ses curiosités sans œillères contribuent d’une manière non négligeable à placer la Belgique à un rang plus qu’honorable dans la recherche et la réflexion sans cesse recommencée sur une péripétie du devenir humain qui saisit à bras-le-corps tout qui s’en approche tant soit peu. Grâce lui en soit rendue. 
Claude de Groulart

*66, rue du Nord - 1000 Bruxelles 

Deux cents ans après la Bastille, la Révolution est toujours culturelle
La Libre Belgique  (extraits)

Un imposant programme de spectacles, concerts, musique, poésie, édition… va marquer les célébrations du bicentenaire en Belgique.

Présentés récemment au Centre culturel Jacques Brel du passage 44 à Bruxelles, à l’initiative du «CLUB D’ÉTUDES SUR LA RÉVOLUTION FRANÇAISE» (CERF), les projets et initiatives liés au bicentenaire de la Révolution française dans notre pays sont aussi nombreux que variés. 

À côté d’un impressionnant déploiement d’érudition, à travers colloques, expositions et publications, une myriade de manifestations évoqueront les fastes, et plus rarement les terreurs, d’une époque pivotale dans l’histoire européenne.

Opéras et bals des citoyens
La musique d’abord. Dès le 25 novembre, l’Opéra de Wallonie entamera une série de concerts de La Traviata de Verdi, puis reviendra en janvier-février avec une représentation de André Chénier d’Umberto Giordano. Les deux ouvrages seront, par la suite, présentés au Festival international de l’Opéra, organisé en juillet, dans les jardins du château de Versailles…
Dans un registre résolument populaire, Lou et Claude Flagel proposent la réédition et la reconstitution, directement utilisable dans les bals, de la musique et des chansons des fêtes révolutionnaires.

De Marat à Madame de Sade
L’office régional de la Culture et de l’Education permanente Nord-Pas-de-Calais a réalisé, entre autres, une série de planches exposant les patrons et costumes des sans-culottes (mais avec pantalons) les plus en vogue.
Dans le domaine audio-visuel, le «Club d’Études sur la Révolution française» (Bruxelles) qui publie un bulletin trimestriel Floréal, proposera quatre montages et la Fondation Jacquemotte inscrira un panorama du film révolutionnaire, des conférences et des expositions à son affiche.

L’association PÔLE NORD s’est placée sous le signe de Marat et compte rééditer les Œuvres Politiques du député montagnard (mise en souscription début 1989). Marat sera également à l’honneur d’une manifestation théâtrale L’Ami du Peuple, mise en scène par Michel Guillou, jouée au Centre Brel, le 9 janvier et susceptible de circuler pendant toute l’année. 
Une exposition et des «Midis de la Révolution», sur la chanson, David, les musées, la presse… sont également prévus. Le Centre Brel cherche des mécènes pour faire venir à Bruxelles le véritable carillon de la Bastille, avec les estampes et gravures rassemblées par Jean-Louis Viguès.
Sur une figure plus obscure, Madame de Sade de Yukio Mishima sera représentée du 11 janvier au 10 février au Brussels Kamer Tonneel, tandis qu’on jouera au Varia La Mission de Heiner Müller, du 30 mars au 8 avril. Quant au Théâtre Royal du Parc, il envisage pour sa saison 1989-1990, trente représentations du Mariage de Figaro de Beaumarchais, trente de Marat-Sade de Peter Weiss et – sous réserve – trente de Candide d’après Voltaire, sur une musique de Léonard Bernstein et dans la mise en scène de Pierre Fox. Enfin, le Théâtre populaire de Wallonie annonce pour août-septembre la première des Révolutions de Philippe Raxhon, historien, avec Francis de Bruyn comme metteur en scène, sur le thème de la révolte dans la Cité ardente…
Paul Vaute


LE SPECTACLE «L’AMI DU PEUPLE»

CLUB D’ÉTUDES SUR LA RÉVOLUTION FRANÇAISE


ÉCHOS DANS LES MÉDIAS