FAUST
 
 
INTRODUCTION

Pour partager ses interrogations avec le public, l’association PÔLE NORD décide de creuser avant tout LE MYTHE DE FAUST, ce mythe universel qui est présent dans le dernier chapitre de son livre-manifeste Le Pacte avec l’Histoire (voir la deuxième RUBRIQUE)

Origine
Née au XVe siècle, sur base d’un individu réel, cette histoire présente un personnage, Faust, dont l’ambition est justement la connaissance la plus large et l’autonomie. A ce moment, aucun autre choix ne lui est laissé pour avancer sur cette voie que de faire un pacte avec un diable, ce qui le mènera à sa perte. Cette légende, déclinée en infinies variations, reste d’actualité: on écrit et on joue encore régulièrement des Faust.
 
PÔLE NORD a longuement étudié ce thème et animé de nombreuses activités sur le sujet, à partir de son exposition «Cinq cents ans de Faust», au point qu’à un moment, ses animateurs furent surnommés des «faustologues» ! Ce qui était sidérant dans ce mythe, c’est l’intérêt que lui portait le très public. 

Faust défie les puissants, il s’en moque audacieusement et subtilement, il leur joue mille tours pendables … et puis il est emporté par son diable ! 

Après l’œuvre théâtrale de l’auteur anglais Christopher Marlowe (1564-1593), censurée, et avant Goethe, il connaît sa plus forte audience sur les places publiques grâce au théâtre de marionnettes, non censuré. On peut même affirmer qu’il n’y a pas de marionnettiste digne de ce nom qui n’ait un Faust dans son répertoire. 
Quant à la sphère de diffusion, elle est socialement et géographiquement impressionnante. Nous avons trouvé des Faust partout en Europe, mais aussi en Afrique, au Moyen-Orient, en Indonésie.

Faust est ancré dans les contradictions générales de l’esprit moderne
Derrière la fable vivante, drôle, pleine d’action, d’ingéniosité et de rebondissements, c’est bien un drame qui se noue, déjà perceptible chez Marlowe. 
Dès qu’il s’avise de dépasser certaines limites, de se montrer trop entreprenant et indépendant, Faust est «damné». Il est voué à «l’enfer» ou, si l’on transpose ce terme, à «la destruction». L’homme doit rester soumis et les contraintes pour le maintenir dans cet état se feront de plus en plus raffinées. Ainsi, plus on avance dans le temps, et plus les Faust contemporains sont imbibés du poison d’une culpabilité inhibitrice. 

Pourquoi cette fable possède-t-elle, aujourd'hui encore, un tel pouvoir de séduction ? Il fallait absolument en savoir davantage.